Communiquer


Pédagogie

Ne cessons jamais de communiquer. Avec notre entourage. Via des conférences locales, des articles, des livres,...

Communiquer et échanger des idées est le seul moyen d'évoluer et d'avancer.

Communiquons calmement autour de nous toutes ces habitudes qui font du bien.

Ces habitudes de vie prennent du temps à mettre en place au début. En revanche, une fois devenues des réflexes, nous n'avons plus à réfléchir, nous sommes de nouveau rapides et efficaces. Et surtout : nous sommes en meilleure santé, et plus heureux. Nous ressentons une cohérence intérieure qui transparait au dehors, et qui est le seul signe de statut social de réussite.

Enfin, plus la taille de la population humaine mondiale augmente, plus l'impact sur la biodiversité est désastreux. Les forêts en première ligne. Et plus le mode de vie d'un être humain est proche du mode de vie occidental, plus il contribue au dérèglement climatique et à la pollution des ressources vitales pour la survie de l'espèce humaine.

Faisons moins d'enfants.

Si nous choisissons de faire des enfants, à défaut de pouvoir empêcher l'impact négatif sur la biodiversité, au moins apprenons leur à vivre de façon modérée, en commençant par montrer l'exemple nous-même : vivons de façon mesurée.

Prenons malgré tout le temps de la réflexion avant de décider de faire des enfants. A partir du moment où nous savons que dans les décennies qui viennent le manque de pétrole ne permettra plus de nourrir 8 milliards d'êtres humains, dès lors que nous savons de façon quasi certaine qu'il y aura des pénuries d'eau potable, des famines, et donc des millions de morts dans les décennies à venir, décider de faire des enfants c'est pertinemment mettre au monde d'autres êtres humains qui vont souffrir à leur tour. Souhaitons nous réellement celà ? Est ce réellement un cadeau pour eux que de les mettre au monde quand nous savons d'avance qu'ils vont souffrir ?

Adopter un mode de vie mesuré, c'est aussi rester mesuré quant à la taille de la population humaine, afin qu'il y ait suffisamment de ressources terrestres ayant le temps de se renouveler pour assurer notre subsistance.

Retrouvons notre raison. Prenons soin des ressources sans lesquelles l'espèce humaine n'existerait pas.


Comprendre le passé pour frayer les sentiers de l'avenir


Préserver les ressources dont la survie de l'espèce humaine dépend

De grandes régions de l'ancien Croissant fertile sont désormais des zones désertiques ou semi-désertiques, des steppes, ou des terrains fortement érodés ou salinisés impropres à l'agriculture. L'éphémère richesse actuelle de certaines nations, fondées sur la seule ressource non renouvelable du pétrole, masque la pauvreté fondamentale durable de la région et sa difficulté à se nourrir.

Dans l'Antiquité, cependant, une bonne partie du Croissant fertile et de la Méditerranée orientale, y compris la Grèce, était couverte de forêts. Les paléobotanistes et les archéologues ont élucidé la transformation de la région de pays boisé fertile en terre de broussailles érodée ou en désert. Les forêts ont été abattues pour les besoins de l'agriculture, pour obtenir du bois d'oeuvre ou du bois de chauffage, voire pour fabriquer du plâtre. En raison des faibles précipitations et de la faible productivité primaire (en proportion des pluies), la végétation n'a pu se reconstituer aussi vite qu'elle était détruite, surtout en présence d'une population nombreuse de chèvres. La couverture d'arbres et d'herbes ayant ainsi disparu, l'érosion a progressé et les vallées se sont ensablées, tandis que l'agriculture d'irrigation dans un milieu à faible précipitation s'est traduite par une accumulation de sel. Amorcés dès l'ère néolithique, ces processus se sont poursuivis dans les temps modernes.

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Ainsi, les sociétés du Croissant fertile et de Méditerranée orientale ont eu le malheur de voir le jour dans un environnement écologiquement fragile. En détruisant leur base de ressources, elles ont accompli un suicide écologique. Chaque société de Méditerranée orientale se minant à tour de rôle, à commencer par celles de l'est (le Croissant fertile), le pouvoir s'est déplacé toujours plus à l'ouest. Si l'Europe septentrionale et occidentale a échappé à ce destin, ce n'est pas que ses habitants aient été plus sages mais parce qu'ils ont eu la chance de vivre dans un milieu plus robuste doté de pluies plus abondantes et où la végétation repousse plus vite.

De l'inégalité parmi les sociétés - Jared Diamond


Des territoires de cohésion modérée permettant l'essor des idées et de la technologie

Pourquoi la Chine a t elle perdu son avance technologique au profit d'une Europe autrefois si en retard ?

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En Chine, la différence venait de ce que la région tout entière était politiquement unifiée. Il suffisait d'une décision unique pour interrompre les expéditions maritimes dans la Chine entière. Ainsi une décision temporaire devint-elle irréversible, parce qu'il ne subsista aucun chantier naval pour fabriquer les navires.

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Les conséquences de la désunion européenne forment un contraste aigu avec celles de l'unité de la Chine. Régulièrement, la cour chinoise décida d'arrêter un certain nombre d'activités : elle abandonna la mise au point d'une machine à filer hydraulique, recula au seuil de la révolution industrielles au 19è siècle, démolit ou abolit quasiment les horloges mécaniques après avoir ouvert la voie, et tourna le dos aux systèmes mécaniques et à la technologies en général après la fin du 15è siècle. Ces effets potentiellement délétères de l'unités chinoise se sont de nouveau manifestés dans la Chine moderne, notamment dans les années 1960-1970 avec la folie de la Révolution culturelle, lorsqu'une poignée de dirigeants décida de fermer cinq années durant l'accès au système scolaire tout entier. L'unité de la Chine et la perpétuelle désunion de l'Europe ont toutes deux une longue histoire.

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En comparaison, l'Europe n'a jamais été proche, fût-ce vaguement, de l'unité politique: elle était encore éclatée en un millier de petits Etats indépendants au14è siècle et en un demi-millier en 1500; dans les années 1980, ce nombre était tombé à 25 Etats, mais il approche des 40 au moment où j'écris cette phrase. L'Europe possède 45 langues, chacune avec son alphabet modifié, et se caractérise par une diversité culturelle encore plus grande. Les désaccords qui continuent aujourd'hui à déjouer les efforts, même modestes, d'unification européenne dans le cadre de la CEE sont symptomatiques de cette culture européenne de la désunion. Pour comprendre comment la Chine a perdu sa prééminence politique et technologique au profit de l'Europe, il faut donc comprendre l'unité chronique de la Chine en même temps que la désunion chronique de l'Europe.

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La cohésion de la Chine a fini par devenir un handicap, car la décision d'un despote suffisait à arrêter une innovation, ce qui fut le cas à maintes reprises. La balkanisation géographique de l'Europe s'est au contraire traduite par des douzaines, voire des centaines de petits Etats et centres d'innovation indépendants et concurrents. Si un Etat ne donnait pas suite à une innovation particulière, un autre le faisait, obligeant les Etats voisins à emboiter le pas, sous peine de se laisser conquérir ou de rester économiquement à la traîne. Les barrières de l'Europe étaient suffisantes pour empêcher l'unification politique, mais insuffisantes pour empêcher l'essor de la technologie et des idées. Contrairement à la Chine, l'Europe n'a jamais eu de despote capable de tout verrouiller.

Ces comparaisons suggèrent que la cohésion géographique a exercé des effets aussi bien positifs que négatifs sur l'évolution de la technologie. A très long terme, la technologie s'est donc sans doute développée plus rapidement dans des régions de cohésion modérée, ni trop forte ni trop faible.

De l'inégalité parmi les sociétés - Jared Diamond


Retrouver une taille de population humaine qui préserve les ressources et la vie sur Terre

Les chasseurs-cueilleurs actuels sont en bonne santé, ne souffrent pratiquement d'aucune maladie, jouissent d'un régime alimentaire très varié et ne connaissent pas les famines périodiques qui frappent les agriculteurs, dépendant d'une gamme assez étroite de plantes cultivées.

Les chasseurs-cueilleurs jouissaient d'un régime varié, comprenant des quantités adéquates de protéines, de vitamines et de minéraux, tandis que les agriculteurs se sont procuré l'essentiel de leur nourriture à partir de végétaux riches en glucides. Les agriculteurs ont ainsi obtenu à moindre effort les calories dont ils avaient besoin mais au prix d'une alimentation appauvrie.

De nos jours, trois plantes, seulement riches en glucides - le blé, le riz et le maïs - fournissent plus de 50 pour cent des calories consommées par l'espèce humaine. En raison de cette dépendance par rapport à un petit nombre de plantes cultivées, les agriculteurs ont été exposés à un risque de famine plus élevé que les chasseurs-cueilleurs, dès lors que l'une des plantes cruciales ne donnait pas la moisson attendue, comme celà a été le cas pour des millions de paysans quand une maladie ou une sécheresse ont dévasté leurs cultures qui représentaient leur ressource alimentaire fondamentale.

La plupart des grandes maladies infectieuses ou parasitaires actuelles de l'humanité ne se sont établies qu'après le passage à l'agriculture. Ces causes de mortalité ne persistent, en effet, que dans les sociétés où les individus sont très nombreux, mal nourris et sédentaires, car dans ces conditions les agents infectieux circulent.

Outre la malnutrition, les famines et les maladies épidémiques, l'agriculture a eu également une autre conséquence négative : la stratification sociale. Les chasseurs-cueilleurs ne possèdent que peu, voire pas du tout, de réserves de nourriture, et leurs sources alimentaires ne se présentent jamais de façon concentrée, comme peuvent l'être les vergers ou les troupeaux de bovins. Ils subsistent grâce aux plantes et aux animaux sauvages qu'ils cueillent ou chassent quotidiennement. Tout le monde, sauf les tout-petits, les malades et les vieux, participe à la recherche de nourriture. Par suite, il n'y a chez eux pas de rois, pas de personnes spécialisées à plein temps dans un métier particulier, pas de classe de parasites sociaux profitant des moyens de subsistance prélevés sur les autres.

Aux yeux de la plupart des lecteurs américains ou européens, la thèse selon laquelle les chasseurs cueilleurs ont sans doute mené une vie plus enviable que la nôtre aujourd'hui peut passer pour un boniment, parce que la plupart des hommes vivant dans les sociétés industrielles de nos jours jouissent d'une meilleure santé que celle de la plupart des chasseurs-cueilleurs. Ce serait oublier que les Américains et les Européens représentent une élite dans le monde d'aujourd'hui, dont l'existence est assurée grâce à l'importation de pétrole et d'autres matériaux provenant d'autres pays où de vastes populations de paysans connaissent des conditions de santé beaucoup plus précaires.

En même temps qu'elle a suscité pour la première fois la division de la société en classes, l'agriculture a peut-être également exacerbé les inégalités entres les sexes qui existaient déjà. Les femmes se sont vu bien souvent octroyer une part de labeur plus grande, elles ont été épuisées par des grossesses plus fréquentes et elles ont donc souffert d'une santé plus médiocre.

Tandis que la densité des populations de chasseurs-cueilleurs s'est mise à augmenter lentement à la fin de l'ère glacière, les tribus eurent à choisir, en quelque sorte, consciemment ou non, entre nourrir plus de bouches en se lançant dans le processus qui conduisit à la révolution de l'agriculture, ou bien trouver certaines façons de limiter la croissance démographique. Quelques-unes choisirent la première solution, dans la mesure où elles furent incapables de prévoir les inconvénients ultérieurs de l'agriculture. Du reste, elles furent initialement encouragées à persister dans cette voie parce qu'elles connurent effectivement un état d'abondance transitoire, tant que l'accroissement de leur population n'avait pas encore annulé le bénéfice de l'accroissement de la production alimentaire. Les effectifs démographiques de ces tribus devinrent alors bien plus élevés que ceux des tribus qui avaient choisi de rester des chasseurs cueilleurs; et les premières repoussèrent donc les secondes dans les régions peu favorables à l'agriculture ou bien les exterminèrent : en effet, dix paysans mal nourris sont néanmoins plus forts qu'un seul chasseur en bonne santé. Il n'est pas vrai que le mode de vie lié à la chasse et à la cueillette ait été abandonné, mais les êtres humains qui ont été assez perspicaces pour décider de continuer à vivre ainsi ont été repoussés de toutes les régions, excepté de celles dont ne voulaient pas les agriculteurs. Les chasseurs-cueilleurs actuels persistent principalement dans diverses régions de par la monde inadaptées à l'agriculture, comme les déserts ou l'Arctique.

Les archéologues qui étudient l'origine de l'agriculture ont réussi à reconstituer les grandes caractéristiques du moment où nous avons pris l'une des décisions les plus cruciales de l'histoire humaine : forcés de choisir entre limiter la croissance de la population ou accroître la production alimentaire, nous avons opté pour le second terme de cette alternative, d'où il a résulté la famine, la guerre, la division sociale et la tyrannie. Or, le même choix se pose à nous à présent, à la différence près que nous pouvons maintenant disposer des leçons du passé.

Le mode de vie pratiqué par les chasseurs-cueilleurs est celui qui a connu la plus grande réussite et a persisté le plus longtemps depuis que notre espèce existe, alors que nous sommes encore en train de nous débattre avec les problèmes dans lesquels nous a plongés l'agriculture et que nous ne savons pas si nous allons pouvoir les résoudre.

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Notre espèce est désormais au pinacle de ses effectifs démographiques, de l'étendue de son aire de distribution géographique et de ses capacités d'action sur le monde. En outre, elle capte, aujourd'hui, la plus grande part du flux global d'énergie et de matière produit sur la planète. Tout celà marque un essor sans précédent. Or, tous ces acquis, nous sommes en train de les remettre en question bien plus rapidement que nous ne les avons obtenus. Nos capacités d'action sur le monde menacent notre existence même. Il se pourrait que nous nous exterminions nous-mêmes d'un seul coup, à moins que nous ne périssions lentement, en raison du réchauffement planétaire, de la pollution, de la destruction des milieux habitables, de l'augmentation du nombre d'habitants parallèlement à la diminution des ressources alimentaires et de la disparition des autres espèces qui sont à l'origine de ces dernières.

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Nous possédons la connaissance scientifique et nous avons des livres. Nous savons comment calculer la croissance démographique admissible en fonction du rythme d'exploitation des ressources. Nous pouvons lire dans les livres tout ce que l'on sait des désastres écologiques du passé. Le passé reposait sur l'ignorance, tandis que notre présent est un âge de plomb, qui a pour pilier la cécité volontaire. Il est inimaginable de voir la société moderne répéter les erreurs de gestion écologique suicidaires qui ont été commises dans le passé. C'est comme si nous n'avions pas vu se dérouler ce scénario de nombreuses fois dans l'histoire humaine et que nous n'en connaissions pas l'inévitable résultat.

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Jusqu'à ces dernières années, personne ne se souciait de savoir si nos enfants ou nos petits enfants seraient en mesure de jouir d'une planète vivable. Nous sommes la première génération qui se pose la question de l'avenir de l'espèce.

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Aujourd'hui, nous accaparons une grande partie des matériaux et de l'énergie produits sur la Terre, nous exterminons les espèces et détruisons notre environnement à un rythme toujours plus rapide, et cela ne pourra se poursuivre ainsi encore un siècle. On objectera peut-être qu'autour de nous il n'est nul signe évident que nous approchons d'un moment paroxysmique dans notre histoire. En réalité, la conscience ne peut nous en venir que d'extrapolations à partir des signes déjà présents : la famine et la malnutrition, la pollution et la technologie destructrice ne cessent de croître; les terres arables, les ressources alimentaires de l'océan, les autres produits naturels, de même que la capacité de l'environnement à absorber nos rejets ne cessent de décroître.

Puisque davantage d'êtres humains, dotés de moyens toujours plus puissants, luttent pour des ressources en voie de diminution, quelque obstacle va forcément bloquer l'essor de l'espèce.

Les scénarios de l'avenir incitent à être pessimiste. En supposant que tous les êtres humains vivant actuellement meurent brutalement demain, les dégâts que l'espèce a déjà infligés à son environnement sont à ce point importants que la dégradation se poursuivrait encore pendant des décennies. D'innombrables espèces ont disparu ou sont en voie de le faire, tant leur population est tombée à un niveau inférieur à la possibilité d'un renouvellement naturel.

En dépit de tous nos antécédents dans le domaine de l'auto-destruction, dont la leçon pourrait être tirée, la destruction de l'environnement comme la croissance démographique sont loin d'apparaître à tous comme des fléaux réels, pour ne rien dire de l'état de misère de populations contraintes à la survie et pour lesquelles les préoccupations écologiques sont proprement un luxe. Le rouleau compresseur de la destruction est lancé à une vitesse telle que rien ne pourra l'arrêter : l'animal humain, troisième chimpanzé, est désormais en tant qu'espèce lui aussi menacé. Son avenir n'est guère plus radieux que celui des deux autres chimpanzés.

Le troisième chimpanzé - Jared Diamond - 1991 (Internet n'en était qu'à ses débuts)


Le climat déréglé générant de plus en plus de sécheresses et d'inondations, provoquant l'aridité croissante des sols et la montée des eaux, rend de plus en plus de régions inhabitables partout dans le monde : nous serons de plus en plus nombreux à être obligés de migrer pour survivre, obligés de migrer régulièrement pour trouver notre subsistance. Nous redeviendrons nomades par la force des choses. Sans l'aide du pétrole qui sera devenu rarissime, nous n'aurons plus toutes ces machines qui nous permettent de nous déplacer et nous nourrir si facilement.

Anticipons afin d'éviter que trop d'êtres humains ne souffrent.

Soyons raisonnables quant au nombre d'enfants que nous mettons au monde.

Soyons respectueux des ressources terrestres qui assurent notre survie.